Les cités d’or du Pérou

Les cités d’or du Pérou

Il est de ces pays, ancré dans l’imaginaire de tout un chacun. Le Pérou fait rêver, à juste titre. Car de citadelle inca en ville coloniale, son histoire mouvementée a laissé des vestiges mystérieux qui intriguent toujours, des chefs-d’oeuvres architecturaux, des traditions qui perdurent, portées par une population consciente de son patrimoine culturel et attachée à le sauvegarder. Incursion dans le sud du pays, sur les plateaux arides de l’Altiplano.
Texte : Brigitte Terral
Photos : Laurent Pfeiffer

Longer dans une ruelle un mur inca, tomber nez à nez sur une cérémonie rituelle, entrer dans une église d’apparence austère et y découvrir un retable recouvert de feuilles d’or, pousser une porte cochère et pénétrer dans un patio fleuri comme ceux de Séville ou de Cordoue en Andalousie : l’histoire du Pérou se vit à chaque coin de rue. 

Les femmes des peuples Quechuas et Aymaras portent au quotidien leurs tenues traditionnelles, dont les chapeaux et motifs diffèrent selon les villages, parfois distants de seulement quelques kilomètres. L’artisanat du tissage est riche et coloré, chaque motif ayant sa signification propre, symbole d’un clan ou d’une divinité. Les fêtes, processions, défilés, sont nombreux, l’occasion pour chacun de revêtir ses plus beaux habits pour assister aux danses et offrandes à la Pachamama (la Terre-Mère)… ou aux rites catholiques. 

Noire, mauve, fuchsia, rouge, … allongée ou biscornue, la pomme de terre est emblématique du Pérou.

Le Machu Picchu, fascinant sanctuaire inca, est si couru que le nombre de visiteurs autorisé par jour est de 2500, ce qui fait déjà beaucoup. Il reste malgré tout un lieu chargé de mystère, et dégage une aura incroyable. Combien de temps, de main-d’oeuvre et d’énergie pour bâtir cette cité en haut d’une crête entre deux montagnes ? Une véritable prouesse technique ! Rien que d’y accéder est toute une histoire : le train qui s’enfile entre de hautes parois rocheuses, la végétation qui devient « tropicale », puis le bus qui grimpe à pic une piste en lacets, jusqu’à ce que le site apparaisse dans toute sa majesté, à 2400 mètres d’altitude. On y découvre un plan et une organisation bien définis, des constructions de différentes factures selon leur usage ou le rang social de leurs occupants.

Les salines de Maras, mosaïque de bassins pré-incas creusés en terrasses à flanc de paroi. Le sel est récolté par évaporation.

Son nom fait rire tous les enfants ! Le lac Titicaca est le plus haut lac navigable du monde : altitude 3800 m. Partagé entre Pérou et Bolivie, la légende raconte qu’ici serait née la civilisation inca. Ses descendants perpétuent les coutumes andines (cérémonies sociales et rituelles, musique, danses, art textile). Pour partager le mode de vie traditionnel des habitants, voire même participer à leurs activités journalières (agriculture, pêche, tissage), direction la péninsule de Capachica et le village de LLachon. En prime : quiétude, belles balades, panoramas à 360° sur le lac, canotage jusqu’aux îles… 

Côté architecture, on doit aux conquérants espagnols des centre-villes magnifiques, aux rues pavées, avec leur « Plaza de Armas » (Place d’Armes), lieu de rencontre inter-générationnel autour duquel s’articulent des églises, des cathédrales, des édifices coloniaux avec balustrades et colonnades. A ne pas manquer, Arequipa (2300 m alt.), ville inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité, entourée de déserts, de majestueux volcans et de montagnes enneigées qui veillent sur ses façades blanches en sillar (une pierre volcanique très claire). 

Au coeur d'Arequipa se cache le monastère Santa Catalina, un couvent autrefois réservé aux filles de la noblesse coloniale : une ville dans la ville avec ses ruelles étroites desservant les anciens lieux de vie des nonnes, ses patios, jardins et fontaines. 
Bleu Majorelle, ocre et rouge brique : les couleurs dominantes du monastère Santa Catalina, oasis colorée enchâssée dans le blanc des murs d'Arequipa.

Le train Andean Explorer entre Puno au bord du lac Titicaca et Cuzco traverse l’Altiplano à la vitesse maximum de 45 km/h : hauts plateaux, troupeaux de lamas, villages isolés, superbes montagnes à l’horizon. A bord, les boiseries, les fauteuils, le service stylé et les repas fins sont dignes des grands trains mythiques.

Le train passe par la ville de Juliaca, dont il rase de près les étals de marchandises disposés parfois à même les rails.

À lire également